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Christian Navis (21/05/2006, 12h07)
Je rebondis sur les praos pour développer un sujet parallèle traité
dans mon dernier bouquin (un peu de pub' n'a jamais fait de mal
à personne!) ;o))

Les premiers voyageurs européens découvrant l'Océanie ont été très surpris
de constater que des pirogues indigènes pouvaient atteindre jusqu'à vingt à
trente mètres de long pour deux de large. Reliées par une sorte de
plate-forme de trois ou quatre mètres d'envergure, l'ensemble constituait un
navire d'une largeur globale égale à environ un quart de sa longueur.

Ces embarcations très stables pouvaient embarquer une soixantaine de
personnes, et leurs équipages ne craignaient pas les tempêtes.
Des voiles en pinces de crabe, orientables et réductibles, tressées en fibre
de pandanus et enverguées sur de longues branches servaient à la propulsion
et des «pelles » tenaient lieu de safrans.

Une réplique de ce type de navire fut construite à Hawaï en 1975.
Baptisée Hoku Léhéa, la grande pirogue double rallia la Polynésie
française en 1976, au terme d'un voyage de trente trois jours,
parcourant 2180 NM à la moyenne de 2,75 noeuds.
Pas très rapide pour un cata!
Les grands voyages du passé devaient être particulièrement lents et donc
n'être entrepris que pour des raisons impérieuses, liées à l'impossibilité
de survivre sur une île. Famine, guerres, cyclone, contraignant à la
nécessité de découvrir et coloniser de nouvelles terres.

Mais personne n'a encore expliqué par quel prodige les « pahis » ou pirogues
doubles pouvaient naviguer contre les vents dominants du Pacifique, en
particulier le Marâ Amu, l'alizé qui souffle le plus fréquemment
du Sud-Est au Nord-Ouest.

Leurs carènes à petit tirant d'eau et leurs voilures ramassées ne leur
permettaient guère de meilleure allure que le bon plein, limite petit
largue, avec sans doute une forte dérive. Dans ces conditions, on doit
bien admettre que ces bateaux ne devaient guère faire guère mieux
en parcours réel que des routes à soixante cinq ou soixante dix degrés du
vent.
Et dès lors, cela bouleverse la carte de ce que l'on enseigne sur le sens
et la chronologie des migrations maories.

Il est plus vraisemblable que les voyageurs de l'Océan aient tiré de très
longs bords d'un archipel à l'autre, en utilisant l'alizé de Sud-Est, vers
le Nord Est dans un premier temps, puis direction Sud-Sud-Ouest ensuite.
Et les trajets des grandes traversées se seraient faites alors en lignes
brisées, comme autant de gigantesques zigzags sur l'océan.

Certains ont objecté néanmoins que, si les alizés de Sud-Est
soufflaient grosso modo de juin à novembre dans le Pacifique Sud,
ensuite les vents s'inversaient entre janvier et mars.
Cela est en partie exact.
Mais ces vents soufflant d'Ouest en Est ne sont ni réguliers, ni soutenus.
Surtout, ils ont lieu en pleine saison des cyclones, ce qui rend leur
utilisation particulièrement dangereuse.

Si les Polynésiens avaient observé cette renverse, ils n'avaient
pu manquer de la relier aux ouragans qu'elle annonçait, tous les ans.
Il est donc peu probable que, sauf exceptions liées à des situations
d'urgence, ils aient pris délibérément le risque de subir des cyclones
au large.
Pierre (22/05/2006, 13h25)
Christian Navis a écrit :
[..]
> utilisation particulièrement dangereuse.
> Si les Polynésiens avaient observé cette renverse, ils n'avaient
> pu manquer de la relier aux ouragans qu'elle annonçait, tous les ans.
> Il est donc peu probable que, sauf exceptions liées à des situations
> d'urgence, ils aient pris délibérément le risque de subir des cyclones
> au large.
> --
> *Mystérieuses civilisations du Pacifique*
> [..]


Bonjour Christian (captain Christian ?) du Pierre en Morvand

Question subsidiaire: vu le nombre ed personnes à bord ... et de "pelles" n'auraient ils
pas fait comme Ulysse et ses compagnons qui ramaient lorsque le evnt n'aidait pas au
retour ????
A voir les migrations des divers types de "galères" et autres vaisseaux à jambes (les
normands ...), il est fort possible que toute la population du bord (il semble que dans
ces peuples les femmes aidaient aussi à la manoeuvre !) ait pu faire aller ces villes
flottantes d'ouest en est ???

Juste une autre interrogation nait ... quels sont les courants normaux dans ces zones ?
Si les vents sont alizées (bonjour Lolita !) quid des flots internes des flots océaniques
??? Vu les problèmes cotiers et andins, n'y a t il pas des violents courants en "travers"
des océans en plus d'autres porteurs du sud au nord (Humbolt ?) ... qui auraient pu eux
aussi porter ces assemblages ... ??? Les variations périodiques telles El Nino (prévues
par les calendriers des anciens ..) montrent que de fortes masses sont en jeu ... donc des
courants sans doute violents tant en fonds qu'en surfaces !
Un peu)ple de pêcheurs comme les maoris peut avoir eu connaissance de ces courants .. sans
trop parfois savoir où cela les menerait !

Il reste toujours le mystère de ces porcelaines et terres cuites ... du Chili, Pérou ...
semblables à celles de l'aute côté de l'océan ... la datation n'ayant pas permis de
trouver qui des deux est à l'origine et comment cela a pu traverser sans laisser de traces
entre les deux donc dans les iles !

A plus et donne un coup d'oeil aux courants ... et autres moyens de dériver à la rame !

*****************
Pierre BONNARD
[..]
Un peu du MORVAN en France et d'anciennes choses ...
*****************
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